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ETYMOLOGIE et HISTOIRE de GUEMENE-SUR-SCORFF Guémené-sur-Scorff dérive de la dénomination médiévale de Kemeret-Guégant (commanderie de Guegant). Guémené-sur-Scorff est,
semble-t-il, un démembrement de l'ancienne paroisse primitive de
Plousquen, aujourd'hui disparue. La motte féodale est remplacée au XIIème siècle par une forteresse de pierre, qui appartient alors au vicomte de Rohan. Cet édifice est, semble-t-il, endommagé par une attaque de Henri II Plantagenet, vers 1180. Guémené reste à la famille Rohan jusqu'au 29 septembre 1251, date à laquelle Mathilde ou Mabile ou Marie de Rohan, fille d'Alain V et soeur d'Alain VI, reçoit le domaine lors de son mariage avec Robert de Beaumer ou de Beaumetz. Le 28 juin 1280, Ranou de Beaumès cède à son frère Thomas, les terres et le château de Guémené-Guingamp. Le château est assiégé en décembre 1342, par les Anglais qui le conservent jusqu'en 1369. La seigneurie, la ville et le château sont donnés en 1354, par le roi Edouard III d'Angleterre à Roger Davy, capitaine anglais marié à Jeanne de Rostrenen, veuve du vicomte de Rohan. En 1377, Jean Ier, vicomte de Rohan, rachète les fiefs de Guémené et de la Roche-Périou, de Jeanne de Baumer, femme de Jean de Longueval, et donne ces domaines, en 1834, à son fils Charles. En 1795, 1 500 royalistes attaquent Guémené-sur-Scorff avec à leur tête Jean Jean. Guémené-sus-Scorff dépendait autrefois du doyenné de Kemenet-Guégant. Guémené prend le nom de Guémené-sur-Scorff en 1801. Note : Ancienne trève de Locmalo, Guémené doit sou origine à un château féodal, construit vers 1050 par un seigneur nommé Guégant. C'est de lui que vient le vieux nom de Kemenet-Guégant, c'est-à-dire le Fief de Guégant, devenu ensuite par adoucissement et par abbrévation Guémené. Ce Guégant était fils de Périou, fondateur de la Roche-Périou, en Priziac, et neveu d'Alain Canhiart, comte de Cornouaille. Plus tard ce fief passa aux vicomtes de Rohan qui devaient au Duc un chevalier pour cette terre (Joseph-Marie Le Mené - 1891). PATRIMOINE de GUEMENE-SUR-SCORFF :
Nota
1 : Au point
de vue religieux, l'église de Guémené,
dédiée à Notre-Dame de la Fosse, était
le siège d'une trêve de Locmalo, quand, en 1529, Marie de
Rohan, dame de
Guémené, et Louis V, son fils, y fondèrent une
collégiale pour un prévôt et six
chanoines : établissement ratifié, le 24 décembre
de la même année, par
François de Salvagne, vicaire général de Vannes.
(Pr. III. 989). En vertu de la
fondation, le recteur de Locmalo, qui était déjà
doyen du Kemenet-Guégant, devait
être à perpétuité le prévôt de
la collégiale, et être présenté, ainsi que
les
chanoines, par les sires de Guémené. Sa prébende
paroissiale fut érigée en
canonicat, et une rente de cent livres fut assignée à
chacun des chanoines,
comme base de leur canonicat. Quatre archiprêtres, ou chantres,
furent adjoints
aux chanoines, pour les aider à chanter, tous les jours, la
messe et l'office,
et six enfants de choeur complétèrent la fondation. Cet
établissement, fortifié
par d'autres ressources, se maintint assez prospère pendant deux
siècles. Mais,
en 1757, on supprima un canonicat et les quatre archi-prêtrises ;
puis, en
1783, à la faillite du prince de Guémené, on cessa
de recevoir la rente de 600
livres fournie jusqu'alors par la famille. Bientôt un des
chanoines se retira,
trois autres moururent, et, à la fin de 1786, il ne restait que
M. Le Gruyer,
recteur de Locmalo, et M. Le Briz, chanoine, qui s'occupaient, le
premier de sa
paroisse, et le second de la ville de Guémené. En 1790,
les revenus de la collégiale
n'étaient plus que de 2,487 livres. L'office canonial se faisait
dans le choeur
de l'église de Notre-Dame, et la messe de la trêve se
célébrait dans le
transept de Saint-Antoine de Padoue ; à côté de
cette aile s'élevait la tour,
qui tomba le 27 novembre 1756 ; l'autre aile était la chapelle
du prince de
Guémené et renfermait l'autel du Rosaire. Outre
l'église collégiale, il y avait
une chapelle de Saint-Gilles dans le cimetière. Il y avait
aussi, près de
Notre-Dame de la Fosse, un hôpital fondé par les seigneurs
de Guémené. En 1642,
il fut, avec l'autorisation du prince, transféré à
la rue Neuve, où l'on
construisit de nouveaux bâtiments et une chapelle sous le nom de
Saint-Joseph.
Les sœurs hospitalières de la Miséricorde de
Jésus, appelées ici en 1672,
s'établirent sur l'emplacement de l'hôpital primitif, et y
construisirent une
maison et une chapelle en l'honneur de saint Augustin.
Transférées en 1724 à la
rue Neuve, elles quittèrent l'établissement en 1783, et
furent remplacées par
les Filles de la Sagesse, qui y sont encore. La maison, trop vaste pour
un
petit hôpital, sert à loger les personnes qui veulent
prendre part aux
retraites spirituelles, qu'on y donne trois ou quatre fois par an. Une
chapellenie avait été fondée .en 1523 par le
prêtre Jacques Boutin, chargée de
deux messes par semaine à célébrer à
l'autel de Saint-Jacques dans l'église
collégiale, et dotée d'une rente annuelle de 25 livres
monnaie. Guémené
relevait de la sénéchaussée royale d'Hennebont. Le
doyenné ecclésiastique
n'avait pas les mêmes limites que la principauté ; il
comprenait les paroisses
et trêves de Bieuzy, Cléguérec, Guern,
Langoélan et le Merzer, Lescoet
Plélauff, Lignol, Locmalo, Malguénac et Stival,
Mellionec, Melrand, Persquen,
Ploërdut, Plouray, Priziac, Saint-Tugdual, Séglien et
Silfiac. Guémené n'avait
point de communauté de ville ; c'est seulement en 1790, qu'il
fut érigé en
commune et en chef-lieu de canton du district de Pontivy ; il comprit
dans sa
circonscription cantonale Locmalo, Persquen et Silfiac. Pendant les
troubles,
on vendit nationalement trois maisons et leurs dépendances,
appartenant à la
collégiale, et de plus une maison et un jardin, dépendant
de la fabrique. En
1801, le canton de Guémené perdit Silfiac, mais il eut en
retour Langoélan,
Lignol, Ploërdut, Saint-Caradec-Trégomel et Saint-Tugdual.
En 1802, il fut
érigé canoniquement en paroisse, distincte de Locmalo, et
en cure de canton. On
l'appelle aujourd'hui Guémené-sur-Scorff, pour le
distinguer de Guémené-Penfao
(Loire-Inférieure). En 1891, sa superficie est de 109 hectares
seulement, mais
sa population est de 1865 habitants. C'est à Guémené qu'est né, en 1796,
Hippolyte-Magloire Bisson, l'intrépide marin. Il se trouvait, en 1827, dans les
mers du Levant, alors infestées de pirates grecs. Chargé de conduire un brick
corsaire capturé, il se vit, avec quinze français, abordé, le 4 novembre, à 10
heures du soir, par deux navires contenant plus de cent pirates. Neuf français
furent tués et Bisson blessé. C'est alors, qu'ordonnant au pilote Trémentin,
qui combattait encore sur le pont, d'avertir les français survivants de se
jeter à la mer, il s'écria : « Adieu pilote ! voilà le moment de nous venger ».
Et mettant le feu aux poudres, il se fit sauter avec le navire... Le lendemain
matin, on retrouva sur le rivage les corps de trois français, et 70 cadavres
grecs qui attestaient que le plan de l'héroïque Bisson avait eu son plein
effet. Pour rendre hommage à sa bravoure, Guémené lui a élevé un monument dès
1831. C'est une simple colonne en marbre noir, avec base en granit, sur les
faces de laquelle on a relaté la date de sa naissance, celle de sa mort, ainsi
que l'acte de sublime patriotisme par lequel il sacrifia sa vie : Mort en
héros, pour son roi et pour la patrie, ses amis le pleurent, la France le regrette,
et ses frères d'armes envient son sort (Joseph-Marie Le Mené - 1891).
Nota 2 : En 1251, Mabile de Rohan, soeur d'Alain VI, épousa Robert de Beaumez et reçut en dot le château de Guémené-Guégant, qu'elle transmit à ses descendants, Philippe, Eon Guillaume (Pr. I, 1113, 1192), et Thomas. (A. de la Borderie. Recueil, p. 229). En 1354, Roger David eut la jouissance momentanée de cette châtellenie par suite de confiscation (Ib. 1493). En 1377, Jean I, vicomte de Rohan, acquit de Jeanne de Beaumez, épouse de Jean de Longueval, pour la somme de 3,400 sous d'or, les châtellenies de Guémené et de la Roche-Périou ; ces seigneuries comprenaient alors Priziac, Saint-Tugdual, Ploërdut, Langoélan, Lescoet, Silfiac, Leshernin en Séglien, Locmalo, Persquen et Lignol (Pr. II, 176). En 1380, le duc Jean IV y annexa la châtellenie de la Roche-Moysan, qui comprenait Meslan, Guiligomarch, Arzano, Redené, Lesbin-Pontscorff, Gestel, Guidel, Quéven, Ploemeur, une partie de Plouay, et Groix. (Pr. II. 282, 284, 378, 438, 659). En 1384, le susdit vicomte Jean I donna ces trois châtellenies à son fils cadet, Charles ; celui-ci épousa, en 1406, Catherine du Guesclin, et fut la tige des Rohan de Guémené. Louis I, son fils, lui succéda en 1438, épousa Marie de Montauban et acquit le manoir de Tréfaven, près de Lorient. Louis II, sire de Guémené, de la Roche-Périou, et de la Roche-Moysan, en 1457, épousa, en 1463, Louise de Rieux, qui lui apporta les terres de Plouguernevel, Mellionec, Plouray et Saint-Caradec, recueillit en 1466 la riche succession des Montauban, construisit le château actuel de Guémené, fut créé baron de Lanvaux en 1485, et mourut en 1508. Louis III, seigneur de Montauban et de Remefort, épousa, en 1492, Renée du Fou, dame de Montbazon et de Sainte-Maure, et mourut en 1498, avant son père. Louis IV recueillit l'héritage de son père, de sa mère et de son aïeul, épousa Marie de Rohan, fille du vicomte Jean II, en 1511, et mourut en 1527. Louis V concourut avec sa mère, en 1529, à la fondation d'une collégiale à Guémené, épousa Marguerite de Laval, fille de Guy XVI, fut comte de Montbazon en 1534, et fut inhumé en 1557 à Notre-Dame de la Fosse. Louis VI, l'aveugle, marié en 1557 à sa cousine Éléonore de Rohan, dame du Verger en Anjou, de Rochefort, etc., obtint, en 1570, l'érection de Guémené en principauté, et en 1588 celle de Montbazon en duché-pairie. Pierre de Rohan, comte de Montauban, puis, en 1611, prince de Guémené, ne laissa qu'une fille ; mais son frère Hercule, comte de Rochefort en Beauce, puis duc de Montbazon, continua la descendance masculine. Louis VII de Rohan, marié à sa cousine Germaine-Anne, princesse de Guémené, devint grand veneur de France, et en 1654 duc de Montbazon ; il mourut à Paris en 1667, et sa veuve en 1685. Charles II de Rohan épousa, en 1653, Jeanne-Armande de Schomberg et devint en 1667 prince de Guémené, duc de Montbazon, comte de Montauban et de Rochefort, etc... Son frère Louis, appelé le chevalier de Rohan, scandalisa la cour par sa conduite, se jeta dans une conspiration, et fut décapité à Paris en 1674. Charles III de Rohan épousa, en 1679, Charlotte de Cochefilet, succéda à son père en 1699, et mourut lui-même en 1727 à Rochefort en Beauce. Hercule-Mériadec de Rohan, comte de Rochefort, puis prince de Montbazon, devint en 1727, à la mort de son père, prince de Guémené et duc de Montbazon , etc... Jules-Hercule-Mériadec, dit le prince de Rohan, marié, en 1743, à Marie-Louise de la Tour d'Auvergne, fille du duc de Bouillon, émigra en 1791. Henri-Louis-Marie, dit le prince de Guémené, épousa, en 1761, Victoire de Rohan-Soubise, aboutit en 1783 à un déficit de 34 millions, qui l'obligea à vendre une partie de ses biens, et suivit son père en émigration. Charles IV de Rohan servit en Autriche, rentra en France en 1814, reprit les titres à défaut des biens de ses ancêtres, et mourut en 1835, laissant une fille unique. Ses cousins, héritiers de ses titres, habitent aujourd'hui (en 1891) les châteaux de Sichrow et de Lissa en Bohême, et parfois Prague et Vienne. Après la famille, voyons le château. Cette forteresse, reconstruite à la fin du XVème siècle par Louis II de Rohan, affecte une forme irrégulière. L'enceinte, garnie de tours, les unes rondes, les autres carrées, est entourée d'une douve large et profonde. Ce château était commandé en 1589 par le sieur de Saint-Georges, capitaine de Guémené, quand il fut assiégé par Gabriel de Goulaine, à la tête d'un fort parti de ligueurs, et réduit à capituler le 7 décembre (Pr. III. 1503). Les habitants de la ville, qui avaient transporté leurs meubles dans le château, furent autorisés à les retirer, à condition de signer l'édit d'Union. On retrouve encore parfois, dans les terrains environnants, des boulets en pierre, témoins muets de la violence de la lutte. Ce château fut démantelé, comme tant d'autres, sous Louis XIII ; mais, en 1755, il fut réparé par le prince Jules-Hercule de Rohan, suivant cette inscription, qui gît aujourd'hui (en 1891) dans les douves : Reparata, aucta et ornata. 1755. Confisqué, comme bien d'émigré, par la loi du 12 février 1792, il servit, dès cette année, de prison à 500 Anglais. En 1795, le 29 janvier, la garnison de Guémené, surprise par les Chouans, se réfugia dans le château, et laissa l'ennemi couper l'arbre de la liberté, piller la caserne, et brûler les papiers de la municipalité. En 1803, il fut désigné pour devenir un quartier d'invalides, mais, dès l'année suivante, il fut transformé en caserne et il conserva cette destination jusqu'à la fin de l'Empire. Vendu par l'Etat en 1843, et laissé sans entretien, il s'en va graduellement en ruine. Les douves sont devenues prairies ; le pont-levis a fait place à un pont ordinaire ; la cour, transformée en un jardin, était entourée d'une galerie en hémicycle du côté de la porte d'entrée. Les murs, en grand et moyen appareil, ont une épaisseur de 2m,50 à 3 mètres, et avaient jadis 20 mètres de hauteur. De l'ancienne chapelle, il ne reste qu'un devant d'autel et un fragment de porte ou de fenêtre. On voit encore des restes de grandes cheminées, dont les chambranles ont près de 4 mètres de longueur, avec des pieds-droits cannelés et des frises sculptées en palmettes. Dans un des pavillons se trouve une petite salle de bains dallée, avec deux réservoirs. Dans le jardin on voit plusieurs boulets de granit de 0m,50 de diamètre environ ; on en a trouvé un grand nombre dans un souterrain du château. A la base d'une des tours, on remarque l'entrée d'un autre souterrain, qui paraît se diriger vers l'église de Notre-Dame de la Fosse. Les sires de Guémené, comme tous les grands seigneurs et barons de Bretagne, avaient haute, moyenne et basse justice sur tous leurs sujets, et pour l'exercer ils avaient un sénéchal, un alloué, un procureur fiscal, un substitut, un greffier, sans compter les avocats, les huissiers, les notaires, etc... (Pr. III. 968). Ils avaient en outre, à cause de leurs immenses revenus, une Chambre des Comptes, composée d'un président et de plusieurs auditeurs, devant qui les receveurs et fermiers de la seigneurie rendaient leurs comptes, sous peine de prison ou autre châtiment, suivant les cas (Ib.). Comme chefs militaires, ils avaient des capitaines pour gouverner leurs divers châteaux, des garnisons composées de gentilshommes et de servants, tous nourris et entretenus, ainsi que les chevaux, aux frais du seigneur, On peut voir, dans les Preuves de D. Morice, III. 1039, la liste nominative des seigneurs, des employés et des domestiques, qui étaient à la charge de Louis V de RohanGuémené en 1540 (Joseph-Marie Le Mené - 1891).
sources : http://www.infobretagne.com/guemene-sur-scorff.htm |
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